SETAO : le 6ᵉ pont d’Abidjan, prochain catalyseur ?
Et si le véritable enjeu du 6ᵉ pont n’était pas seulement de savoir qui le finance… mais surtout qui va le construire ? 👀
Le projet du 6ᵉ pont d’Abidjan, estimé à environ 200 milliards FCFA, pourrait ouvrir une nouvelle fenêtre d’opportunité pour les entreprises ivoiriennes du BTP.
Et parmi les valeurs BRVM à surveiller, SETAO attire naturellement l’attention.
SOCOPRIM change d’actionnaire
Une nouvelle information vient renforcer l’intérêt autour du projet : Bouygues a cédé sa participation de 19 % dans SOCOPRIM à Ivoire Infrastructures Routières (2IR), société ivoirienne fondée en 2023 par Stephen Michel Bekon Amon.
SOCOPRIM exploite actuellement le pont Henri-Konan-Bédié, le 3ᵉ pont d’Abidjan, et est pressentie pour porter le projet du 6ᵉ pont.
Un changement d’actionnariat qui intervient alors que les grands projets d’infrastructures continuent de transformer le paysage économique du Grand Abidjan.
Mais quel rapport avec SETAO ?
C’est ici que le raisonnement devient intéressant.
SETAO n’a pas besoin d’être propriétaire de SOCOPRIM pour profiter économiquement du projet.
Une entreprise de BTP peut intervenir sur un grand projet comme :
- sous-traitant ;
- partenaire technique ;
- membre d’un consortium ;
- entreprise chargée d’un ou plusieurs lots.
Autrement dit : SOCOPRIM peut porter le projet… tandis que SETAO pourrait participer à sa construction.
C’est notamment ce qui rend le parallèle avec SICMA et le métro d’Abidjan intéressant : un grand projet d’infrastructure peut générer des contrats pour plusieurs entreprises de la chaîne de réalisation, bien au-delà de la seule société qui porte le projet.
Pourquoi SETAO mérite-t-elle donc d’être surveillée ?
SETAO dispose d'une expérience dans les travaux publics, les infrastructures et les ouvrages d'art.
Son expertise pourrait donc potentiellement lui permettre de se positionner sur certains travaux du 6ᵉ pont, directement ou à travers un groupement.
Mais il faut garder la tête froide.
À ce jour, nous parlons d’un potentiel, pas d’un contrat confirmé.
Il serait donc prématuré d'intégrer les 200 milliards FCFA du projet dans la valorisation de SETAO comme si l'entreprise avait déjà remporté un marché.
Le scénario que l'investisseur doit surveiller
Projet confirmé → attribution des lots → entreprises sélectionnées → éventuelle participation de SETAO → nouveaux contrats → carnet de commandes renforcé → potentiel impact sur le chiffre d'affaires et les bénéfices.
C’est cette chaîne qu’il faudra suivre.
Et si SETAO annonçait officiellement avoir obtenu un ou plusieurs lots significatifs, la perception du dossier pourrait changer rapidement.
Un chiffre qui interpelle
SOCOPRIM n’est pas une coquille vide.
En 2024, l’exploitant du 3ᵉ pont aurait réalisé 16,65 milliards FCFA de chiffre d’affaires pour 9,44 milliards FCFA de bénéfice net.
Si le 6ᵉ pont se concrétise, l'enjeu pour l'investisseur sera donc de comprendre qui, dans toute la chaîne de valeur, captera réellement les milliards générés par ce nouveau projet.
SETAO = 👀 À SURVEILLER
Le 6ᵉ pont n’est pas encore une raison suffisante pour acheter SETAO à lui seul.
En revanche, le dossier mérite une place sur la watchlist.
Les prochains éléments clés seront :
l'attribution officielle du projet ;
la répartition des différents lots ;
les consortiums et entreprises retenus ;
une éventuelle participation de SETAO ;
l'évolution de son carnet de commandes ;
l'impact des nouveaux contrats sur son chiffre d'affaires et ses marges ;
et, côté marché, les volumes et flux de capitaux sur le titre.
LE VRAI SIGNAL
Il ne faudra pas acheter une rumeur.
Le véritable catalyseur sera la confirmation.
Si SETAO décroche effectivement une partie des travaux du 6ᵉ pont, il faudra alors réévaluer le dossier à partir de données concrètes : montant du contrat, durée, marges attendues, carnet de commandes et impact sur les résultats futurs.
À retenir : sur un grand projet d’infrastructure, ne regardez pas uniquement qui possède le projet. Regardez surtout qui va construire, qui va sous-traiter et qui va facturer les travaux.
SETAO pourrait-elle être l’une des entreprises à bénéficier indirectement de ce chantier de 200 milliards FCFA ?
C’est une hypothèse. Pas encore une certitude. Mais certainement un dossier à surveiller.
Source : Sikafinance, MadisInvest
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